Éditions du 26 octobre rss2 Éditions, rééditions d’œuvres d’écrivains rares, d’œuvres oubliées de grands écrivains. Vente en ligne de livres brochés fr cara-tm editionsdu26octobre@gmail.com (Éditions du 26 octobre) Éditions du 26 octobre rss2 https://editions-du-26-octobre.com/rss2?r=catalogue-general https://editions-du-26-octobre.com/favicons/android-chrome-192x192.png Monada de Gabriel Mourey présentation d'Evanghélia Stead https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/monada-gabriel-mourey https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/monada-gabriel-mourey#112 2026-06-19T16:45:08+0000 Œuvre s’il en est synesthésique, interartistique, où les préraphaélites rencontrent Wagner, où les visions seraient de Poe et les correspondances baudelairiennes, où passent Jean Lorrain et Villiers de L’Isle-Adam, où les motifs picturaux inspirent le récit et les psychologies, Monada, recueil de nouvelles paru en 1894, est un incontournable de la littérature finiséculaire. L’héroïne éponyme, fragile et fanée, pourtant indivisible et immarcescible, comme son nom l’indique, incarne assurément quelque idéal féminin décadent. On se laissera aussi envoûter par les autres âmes troublées du recueil ; par son inquiétante étrangeté et ses contrées où meurent les amants. ]]> Nietzsche et l’idéal aristocratique de Raymond Espinose https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/nietzsche-et-l-ideal-aristocratique-raymond-espinose https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/nietzsche-et-l-ideal-aristocratique-raymond-espinose#110 2026-06-19T16:45:08+0000 L’aristocratisme posé comme un idéal, c’est ce à quoi, en plusieurs endroits de son œuvre, et notamment dans Par delà bien et mal et La volonté de puissance, Nietzsche nous convie. En lecteur avisé, Raymond Espinose dégage de cet absolu les traits distinctifs, la nature, les propriétés ; il en relève les rigueurs, qu’elles concernent la morale ou l’ascèse. Pour le philosophe, aucun doute : «l’élévation du type humain» passe par la confiance que l’on accordera à l’aristocrate, c’est-à-dire au «grand», au «plus apte», au «créateur». Vision affirmative, ferme et assurée qui trouve cependant ses limites : le lecteur constatera en effet que la haute exigence nécessaire à un tel idéal, outre qu’elle se trouve de plus en plus rarement dans la multitude, décourage les esprits les plus à même de s’en approcher. ]]> Monsieur d’Amercœur de Henri de Régnier https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/monsieur-d-amercoeur-henri-de-regnier https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/monsieur-d-amercoeur-henri-de-regnier#107 2026-06-19T16:45:08+0000 À travers les pérégrinations de M. d’Amercœur, aventurier mélancolique et témoin de l’étrange, dans une prose somptueuse et baroque, des tableaux se déploient où les demeures sont des labyrinthes, les jardins des miroirs, et les femmes des énigmes sacrées — des tableaux qu’on croirait de Khnopff et de Moreau, ou encore de Degouve de Nuncques. De la ville d’Ochria aux falaises de l’île de Cordic, de cloîtres automnaux aux salons de jeu fiévreux, l’auteur pactise avec les ombres. Traversés par une esthétique du faste, ces contes, à la manière aussi des récits initiatiques, scrutent chaque détail, afin que chaque chose fasse signe — une clef rouillée, une empreinte, une fleur tombée… —, et que les passions s’enlacent aux mythologies. ]]> L'inconnu de Paul Hervieu présentation de Marie-France de Palacio https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/l-inconnu-paul-hervieu https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/l-inconnu-paul-hervieu#109 2026-06-19T16:45:08+0000 D’évidence traversé par quelque imaginaire scientifique (ici, pour l’essentiel, la physiognomonie), qu’amplifie en outre le thème de la folie (la dialectique folie/raison), L’inconnu (1887) retrouve une forme de fantastique vague, de vaudeville sinistre, d’où le grotesque n’est pas absent, et qui fait assurément écho à Villiers de l’Isle-Adam ou Poe, ou encore, le domaine russe étant présent, Dostoïevski. Mais Paul Hervieu s’aventure plus avant. Car L’inconnu, mais au sens le plus profond du terme, prend les atours d’un carnaval – il s’agira alors d’une subversion : d’abord des personnages, des rôles et des scripteurs, autant de jeux dont les masques ne tombent justement pas ; ensuite de la matière romanesque, en tant que celle-ci, mise à mal et soumise à la question, est poussée à la chute. Et, en définitive, c’est peut-être dans son entièreté que le roman devient un asile d’aliénés, dont les portes rhétoriques ne se poussent pas sans angoisse. « […] j’ai achevé la lecture de L’Inconnu étreint par une émotion nouvelle et que je n’avais pas prévue. Il y a là quelque chose de troublant, d’effarant, une hallucination produite à force de vérité, un vertige qui vous entraîne et qui vous met au front la sueur de l’angoisse. » — Octave Mirbeau, Le Gaulois, 1887 ]]> Les Demoiselles Goubert de Jean Moréas - Paul Adam présentation de Philippe Richard https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-demoiselles-goubert-jean-moreas-paul-adam https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-demoiselles-goubert-jean-moreas-paul-adam#108 2026-06-19T16:45:08+0000 Le roman écrit à deux voix par le prosateur Paul Adam et le poète Jean Moréas – Les Demoiselles Goubert (1886) – participe à cet attrait pour une langue riche et disloquée, sertie de mots rares et curieux, qu’avait inauguré la prose de Huÿsmans – À rebours (1884) – et la poésie de Laforgue – Les Complaintes (1885) –  ; c’est ce texte singulier que le présent travail d’édition voudrait donc faire redécouvrir à quelques lecteurs bénévoles, assurés que la langue française mérite amplement d’être célébrée pour elle-même, en un récit classique pourtant gorgé d’enjeux éthiques. Lorsque deux orphelines ruinées se trouvent contraintes de quitter un luxe indolent pour un sort laborieux, et que l’une se résigne en supportant une condition qu’elle choisit de ne pas trouver infâmante tandis que l’autre se révolte en prostituant une vie qu’elle régente désormais par l’appât du gain, il convient de se demander ce qu’est la véritable force de caractère ; mais voilà qui ne se réalise certes pas sans l’irisation du style. ]]> Seuls de Francis Poictevin présentation de Raymond Espinose https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/seuls-francis-poictevin https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/seuls-francis-poictevin#105 2026-06-19T16:45:08+0000 Esseulés, Edouard et Lucienne le sont assurément ; allant, valétudinaires et délicats, de Paris en villégiatures, cultivant nostalgie et souvenirs, et comme reclus dans un dandysme sans éclat, morne, mièvre peut-être, un dandysme, si l’oxymore est possible, du quotidien. Silhouettes diaphanes et précieuses, ils le sont au point de sembler ne pas souffrir quelque charge romanesque que ce soit : roman alors sans histoire, Seuls, est davantage un impressionnisme narratif, une errance perpétuelle, sans repères temporels précis — une contemplation éventuellement. C’est là l’art de Francis Poictevin, un art de l’estompe, de l’atermoiement, où la prose se fait poème, et où les mots sont sensations, sont nuances, sont plastiques, se parant pour ce faire de toutes les subtilités néologiques. « Il cherche partout l’âme — et l’a trouve. » dira Remy de Gourmont. ]]> La Seconde Vie de Saintine présentation de Marie-France de Palacio https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-seconde-vie-saintine https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-seconde-vie-saintine#104 2026-06-19T16:45:08+0000 Immortalisé par l’immense succès de Picciola (trois cents éditions françaises à l’heure actuelle), Saintine, ou plutôt Joseph-Xavier Boniface (1795-1865), n’a pourtant jamais fait grand cas de la gloire rencontrée dès sa jeunesse. Sa personnalité discrète, son physique bonhomme et sa vie sans histoire ont sans doute contribué à cette injuste méconnaissance d’une œuvre considérable et originale. Or le talent de Saintine se manifeste de manière éclatante dans le recueil publié en 1864, près de trente ans après Picciola et un an avant la mort de son auteur : La Seconde Vie. A la suite de Nodier et de Nerval, Saintine y propose une trentaine de contes spirituels et fantaisistes sur le thème du rêve. La prose alterne avec la poésie, les rêveries diurnes succèdent aux rêves nocturnes, et la jusquiame s’allie au vin pour donner la berlue… Réédité pour la première fois et augmenté d’une étude liminaire, La Seconde Vie convie le lecteur à une folle échappée hors de la réalité raisonnable, en direction du paradis des fleurs, de Neptune, de la lune, et de bien d’autres régions inexplorées par ceux qui ne savent pas rêver… « La grande préoccupation de M. Saintine, c’est d’être fécond et brillant. Il tient surtout à étonner par ses tours de force. Sa lanterne magique est riche en sujets ; il aime à revêtir de couleurs diaprées toutes les créations que son imagination, bien plus inventrice que la fée Mélusine, fait miroiter sous le regard. » — Alphonse Bertet, Études religieuses, philosophiques, historiques et littéraires, 1865 ]]> Le Chevalier du cœur saignant de Maxime Du Camp présentation de Marie-France de Palacio https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-chevalier-du-coeur-saignant-maxime-du-camp https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-chevalier-du-coeur-saignant-maxime-du-camp#103 2026-06-19T16:45:08+0000 Du romantisme et du fantastique. L’un avivant l’autre, et réciproquement. Tel est le précipité de ces trois nouvelles, où le surnaturel (métempsychose, don de double vue, réincarnation…) et les passions s’exacerbent. Et d’une Venise battue par les tempêtes à Florence, de la Révolution à l’Antiquité, les récits s’enchâssent, aux méandres fascinants, dessinant des labyrinthes qui égarent et révèlent à la fois. A quoi s’ajoute comme une esthétique scientifique, à la manière de Poe, dont les effets de rationalité ne sont là, en fait, que pour mieux jeter le trouble et accentuer la dramaturgie fantastique : extase, catalepsie, folie… A tous les sens des termes, « suppléments d’âmes », ces trois nouvelles aux titres évocateurs, Le Chevalier du cœur saignant, L’Âme du bourreau, Les Hallucinations du Professeur Floréal, témoignent en outre de l’intérêt de Maxime Du Camp pour certaines doctrines ésotériques et autres puissances mystérieuses. ]]> Le Thé chez Miranda de Jean Moréas - Paul Adam https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-the-chez-miranda-jean-moreas-paul-adam https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-the-chez-miranda-jean-moreas-paul-adam#102 2026-06-19T16:45:08+0000 En six soirées, Jean Moréas et Paul Adam se font conteurs, et documentent à peu près tout ce qui constitue l’esthétique fin-de-siècle. De la Décadence, du Naturalisme, du Symbolisme le plus songeur, beaucoup de thèmes sont instruits : les villes flamandes, les Belgiques et les Hollandes brumeuses ; l’atavisme, les vices, les difformités, les amours jaunes, la fatalité, les masques et autres monstres… La préciosité balance avec le transgressif, le morbide avec l’irrévérence, l’orfèvrerie avec le grotesque, tandis que les recherches stylistiques sont saisissantes, où la syntaxe et le lexique sont raffinés à l’extrême. Fashionables et somptueux, les contes (autant parfois de poèmes en prose) du Thé chez Miranda (1886) sont un spectacle moderne, moderne au sens baudelairien, où se rencontrent « quelque chose d’éternel » et « quelque chose de transitoire », où la beauté serait comme extraite « d’humanités flottantes ». ]]> Céleste Prudhomat de Gustave Guiches présentation de Raymond Espinose https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/celeste-prudhomat-gustave-guiches https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/celeste-prudhomat-gustave-guiches#94 2026-06-19T16:45:08+0000 On pourrait presque limiter Céleste Prudhomat au cas clinique, son étude. La conclusion en serait alors : « Voilà où conduit l’école de la République, voilà où conduit la libération des mœurs ». Mais il y a le reste, tout le reste, c’est-à-dire l’art de Guiches. Tout en ce roman est mouvement. Mouvement purement géographique d’abord, lorsque Céleste, à l’issue d’un concours, quitte son triste village pour une bourgade bourgeoise – conséquence qui devrait être heureuse et qui ne l’est point. Mouvement d’une conduite ensuite, laquelle conduite est menée par les sens – ils vont, au fil des pages, s’aiguillonnant jusqu’au délire. Si, certes, l’évolution du comportement de Céleste semble être le vrai sujet du roman, l’art de Guiches, cependant, ne se limite pas à une étude de la personnalité. En effet, il ne se révèle jamais aussi brillamment que dans la description tout en nuances (paysages, bourgades, saisons…) ; que dans le portrait de personnages visualisés immédiatement grâce au trait évocateur ou explicite (parents, relations de Céleste, notables…). Ainsi, descriptions et portraits contribuent à peindre une société provinciale qui n’est pas sans défauts. Peut-être, cependant, faudra-t-il retenir avant tout de cet admirable roman ce qu’il doit à l’esprit naturaliste à savoir : l’accent mis sur une personnalité singulière étudiée dans le détail. Le comportement de Céleste Prudhomat frappe les esprits. Il rend le personnage inoubliable, à l’instar de celui d’Emma Bovary. « Le livre de M. Gustave Guiches est donc autant une étude de mœurs d’une philosophie profonde et d’un style curieux que l’histoire analytique d’une passion. Cette saisissante action se déroule en un cadre essentiellement neuf et présente une série d’abrupts et vigoureux paysages qui joignent au mouvement des faits la saveur rustique de pittoresques descriptions. » — Anatole Baju, Le Décadent littéraire & artistique, 1886 ]]>