Éditions du 26 octobre https://editions-du-26-octobre.com/rss2?r=catalogue-general Éditions, rééditions d’œuvres d’écrivains rares, d’œuvres oubliées de grands écrivains. Vente en ligne de livres brochés Mon, 17 Jan 2022 12:01:35 3600 editionsdu26octobre@gmail.com (Éditions du 26 octobre) Éditions du 26 octobre https://editions-du-26-octobre.com/rss2?r=catalogue-general https://editions-du-26-octobre.com/favicons/android-chrome-192x192.png Sapho, dompteuse de Jane de La Vaudère https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/sapho-dompteuse-jane-de-la-vaudere https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/sapho-dompteuse-jane-de-la-vaudere#79 Mon, 08 Nov 2021 17:11:00 3600 Roman très en décor, coruscant, avec ce qu’il faut de mondanités, de mièvrerie faisandée, Sapho, dompteuse (1908), bien que tardif (ou parce que tardif), et en cela représentatif de l’art de Jane de La Vaudère, semble épuiser, dans un jeu de miroir référentiel, beaucoup des motifs de la littérature fin-de-siècle, le cirque, le sang, l’orgie, les limites parfois étroites entre humanité et bestialité, les déviances, la dégénérescence… Passent alors les ombres de Jean Lorrain, de Huysmans, de Pierre Louÿs, de Zola, et même, sans doute, celles de la littérature populaire et policière, des romans de Paul Féval, d’Emile Gaboriau… Parmi ses fauves, et quand se presse toute une galerie de personnages, amant sanguinaire, magicienne, apache meurtrier, charmeuse de serpents, filles, dandys…, Sapho s’impose aussi telle une de ces figures de l’Antiquité, de cette antiquité dans laquelle se complut la Décadence : elle est Salomé, Salammbô, Théodora, Messaline…, évoluant comme en de vivants tableaux de Gustave Moreau. « Une fois de plus, Jane de La Vaudère a démontré qu’elle était un des plus puissants, un des plus raffinés, un des plus suggestifs aussi, entre les artistes du Verbe. » — B. de Laborde, Gil Blas, 1902 ]]> La Jonque dorée de Jean Lorrain https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-jonque-doree-jean-lorrain https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-jonque-doree-jean-lorrain#78 Thu, 16 Sep 2021 07:09:00 7200 C’était cet Extrême-Orient où allaient se perdre lieutenants de marine, fonctionnaires de l’Empire colonial, journalistes, demi-aventuriers, chacun gens de lettres, Pierre Loti, Claude Farrère, Henri Fauconnier, Jules Boissière, Paul Bonnetain…, y fumant les rêveries de l’opium, s’enivrant de couleurs, de senteurs, de moiteurs, tombant amoureux de Madame Chrysanthème. Et La Jonque dorée (1886), c’est le Japon — un Japon moins vu que rêvé par Jean Lorrain, si lointain, si idéal, qu’il excède la simple littérature voyageuse et ressortit à une manière de merveilleux exotique. Conte, La Jonque dorée s’inscrit dans un passé figé, ou un présent d’éternité, et se déploie comme un mirage, une fascination, dont les contours, aussi, seraient imprécis, hors de quelques mesures géographiques. Tout y chatoie, et Jean Lorrain y impose déjà son entière palette de coloriste, les apparats de son style sans pareil, qui sollicitent tous les sens, « lourd satin vert d’eau ramagé d’écarlate », « main de neige aux longs ongles d’agate », santal et sorbet au citron, « trompes d’ébène »… Quant à la mélancolie, elle n’est pas absente, celle de pâles princesses, de reines qui se meurent d’exil et d’étangs bleus. ]]> Histoire d’un anneau enchanté de Philothée O'Neddy https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/histoire-d-un-anneau-enchante-philothee-o-neddy https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/histoire-d-un-anneau-enchante-philothee-o-neddy#74 Fri, 02 Jul 2021 10:07:49 7200 Philothée O’Neddy fait partie de ces méconnus du romantisme que la postérité désigne sous le terme générique de Petits romantiques (parmi lesquels on compte aussi, entre autres, Pétrus Borel, Aloysius Bertrand, Charles Lassailly, Xavier Forneret…, voire, à ses débuts, Gérard de Nerval). Il fut, autour de 1830, dans l’« armée romantique » qui participa à la bataille d’Hernani, et qui hanta le Petit-Cénacle et l’Hôtel du Doyenné : tous jeunes gens — Jeunes-France, Bousingos, selon qu’ils s’appelaient eux-mêmes —, poètes, peintres, dramaturges, sculpteurs, fous de lyrisme et d’art, excentriques, bohèmes, buvant comme Hans d’Islande dans des crânes, et voulant rompre avec le classicisme et ses modèles hérités de l’Antiquité. Le retour au Moyen Âge, sa redécouverte, fut, autant qu’une quête esthétique, un des moyens d’affirmer cette rupture. Notre-Dame de Paris en fut la parfaite illustration ; Histoire d’un anneau enchanté en est une autre. En effet, tout y est du roman de chevalerie, le merveilleux, les talismans, les épreuves, et l’amour — les amours de Charlemagne et de la princesse Libania, éminemment romantiques et qui atteignent, par-delà la mort, à une manière de « magie lugubre ». « Personne plus que Philothée O’Neddy ne présente ce caractère d’outrance et de tension. Le mot paroxyste […] semble avoir été inventé à l’intention de Philothée. Tous est poussé de ton, haut en couleur, violent, arrivé aux dernières limites de l’expression, d’une originalité agressive, presque ruisselant d’inouïsme… » — Théophile Gautier, Histoire du romantisme ]]> Ruminations, proses d’un solitaire de Maurice Rollinat https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/ruminations-proses-d-un-solitaire-maurice-rollinat https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/ruminations-proses-d-un-solitaire-maurice-rollinat#73 Thu, 20 May 2021 22:05:29 7200 Connu pour Les Névroses (1883), recueil de vers frénétique, baudelairien, macabre, pour avoir hanté de sa présence réputée satanique le Quartier latin, pour avoir subjugué par ses « solennels andantes » les clubs et les cabarets littéraires, Hydropathes et Chat noir, Maurice Rollinat n’en est pas moins autre — poète en prose, écrivain retiré dans sa Creuse natale. Aussi, en ces Ruminations (1904), célèbre-t-il davantage la nature. Pour autant, il n’y a rien là de géorgique, car la mélancolie y est irrémédiable, sombre et grave l’inspiration, et le propos régulièrement léthifère ; car, sous la forme de fragments et de maximes, il se fait contempteur, à la manière des moralistes du Grand siècle, de la comédie humaine, dont il médite la solitude, la destinée, le bien, le mal, les misères… Pour autant, rien là non plus d’abstrait, car tout est incarné, voire quelque peu organique — l’âme n’y a pas abandonné son enveloppe de chair, l’amour n’y est pas mièvre, et quand il est question d’éternité, c’est pour mieux dialoguer avec la pourriture. Sous le raffinement de leurs périodes, ces Ruminations sont d’une très sûre perspicacité et composent sans doute, aussi, un redoutable viatique. « Ce qui fait l’artiste profond, mystérieux et tragique, c’est le fauve amour de la nature et la pratique sauvage de la solitude, traversés de temps à autre par les stridents appels du regret et les brusques coups de couteau de la nostalgie. » — Maurice Rollinat, Ruminations ]]> Le Peuple du Pôle de Charles Derennes https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-peuple-du-pole-charles-derennes https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-peuple-du-pole-charles-derennes#64 Mon, 29 Mar 2021 16:03:48 7200 Aventures en ballon dirigeable, Sibérie, Pôle nord et monde souterrain, peuple reptilien, incroyables découvertes scientifiques, manuscrit perdu, savant exalté, Le Peuple du Pôle continue les romans de Jules Verne et de J.H. Rosny aîné. En cela, il s’inscrit assurément dans le genre du merveilleux-scientifique, passé désormais à la postérité, et qu’avait théorisé Maurice Renard dans son manifeste Du roman merveilleux-scientifique et de son action sur l’intelligence du progrès : « l’introduction volontaire, dans la chaîne des propositions, d’un ou de plusieurs éléments vicieux, de nature à déterminer, par la suite, l’apparition de l’être, ou de l’objet, ou du fait merveilleux. » Mais par sa richesse thématique, Le Peuple du Pôle interroge tout le champ du fantastique, de l’aventure et de l’exploration, tout en prenant, par bien des aspects, une résonnance symbolique. « Le Peuple du Pôle, où revivaient l’imagination scientifique de Wells et la fantaisie raisonnée de Poe. » — André Tudesq, La Critique indépendante, 1908 « Dans le merveilleux scientifique, Charles Derennes traçait une route nouvelle vers l’inconnu, le pénible et l’émouvant. » — Le Courrier français, 1908 ]]> M. de Burghraeve, homme considérable de Hector Fleischmann https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/m-de-burghraeve-homme-considerable-hector-fleischmann https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/m-de-burghraeve-homme-considerable-hector-fleischmann#61 Mon, 08 Feb 2021 00:02:00 3600 M. de Burghraeve, c’est le dernier dandy, dont la silhouette retrouve celles de Brummel, d’Orsay, de Barbey d’Aurevilly. C’est aussi un dernier voyage — sentimental, en compagnie de Ninette Printemps ; géographique, de Terneuzen, en Hollande, à Paris ; et dans le temps, où la nostalgie revient d’épices et de courses lointaines, Java, Port-Louis, « les rouges Ceylans »… Roman crépusculaire, mais de facture classique, M. de Burghraeve serait comme un conte 18e qu’aurait jauni l’automne décadent, où s’allongent les ombres de villes mortes « où vient mourir le sanglot désespéré de la mer », de soirs de pluie et, presque fantastiquement, de mannequin de cire qui fonde. ]]> Les Hantises de Édouard Dujardin https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-hantises-edouard-dujardin https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-hantises-edouard-dujardin#52 Mon, 28 Dec 2020 06:12:00 3600 Paru en 1886, Les Hantises, recueil de contes, a tout le brillant, tout le vaporeux et le fantomatique, d’une certaine littérature fin-de-siècle. Ce pourrait être même un précipité d’imaginaire décadent : occultisme, nervosisme, dandysme, déliquescence, obsessions, hallucinations, esthétique suppliciaire, s’y mêlent et étincellent… À quoi s’ajoute, comme dans des contes de Poe, une manière de logique froide, où la raison, poussée dans ses ultimes retranchements, confine, paradoxalement, à l’irrationnel et au fantastique — à la hantise en effet. « Il y a, dans le livre de M. Dujardin, des évocations de cauchemars suffisamment terrifiantes, comme cette aventure d’un amant qui, visitant avec sa rieuse maîtresse, un vieux burg allemand, n’imagine rien de mieux – pour se donner des sensations nouvelles – que de l’enfermer dans un de ces terribles mannequins de fer du moyen-âge, garnis de pointes et de clous qui lacéraient le supplicié jeté entre ses bras redoutables. » — Paul Ginisty, Gil Blas, 1886 ]]> Les Mercenaires de Léon Cahun https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-mercenaires-leon-cahun https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/les-mercenaires-leon-cahun#3 Wed, 11 Nov 2020 00:11:00 3600 À travers les aventures de Gaucher le Fort, jeune gaulois engagé dans l’armée d’Hannibal, lors de la deuxième guerre punique, on assiste au fameux passage des Alpes, à dos d’éléphants (devenus mythiques). Les batailles font rage aux bords des précipices. Les armes s’entrechoquent ; les cavaliers numides, les fantassins gaulois, les frondeurs baléares, affrontent les légions romaines. C’est tout un monde qui se déploie, épique ; tandis que les personnages sont hauts en couleurs et vifs les dialogues. L’érudition se mêle à l’imagination. On y apprend autant qu’on s’y divertit. Paru en 1878, Les Mercenaires est un prodigieux roman d’aventures à redécouvrir. « M. Cahun a fait revivre les hommes de cette époque avec un rare talent d’analyse et d’observation ; types, caractères et physionomies sont traités de main de maître. D’un bout à l’autre du récit, qui se termine à la bataille du lac Trasimène, l’intérêt se soutient, il y a la vie et l’action, les événements historiques sont d’une scrupuleuse exactitude. » — Paul de Katow, Gil Blas, 1883 ]]> La Glèbe de Paul Adam https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-glebe-paul-adam https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/la-glebe-paul-adam#2 Sat, 09 May 2020 07:05:31 7200 La Glèbe, roman publié en 1887, jamais réédité depuis, ressortit d’abord à ce thème récurrent du naturalisme : la ruralité. La Terre de Zola en est l’exemple le plus connu. Toutefois, ce qui distingue La Glèbe, c’est sa dimension fantasmatique. La Glèbe est un de ces moments où le naturalisme, de creuser le réel, de disséquer les passions et les hérédités — en l’occurrence la lente et implacable folie de Cyrille, ivre d’alcool, de jalousie et de solitude —, passe de l’autre côté : là où sont les hallucinations, là où sont les fantômes et les cauchemars. Il s’agit presque d’un fantastique du naturalisme : Le Horla de Maupassant l’attestait déjà. « Il y a toujours du style chez Adam, toujours quelque épithète bien placée ou imprévue, ou toujours quelque tournure curieuse qui amuse le lettré… » — J.-H. Rosny aîné, Portraits et souvenirs ]]> Le Collage de Paul Alexis https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-collage-paul-alexis https://editions-du-26-octobre.com/catalogue-general/le-collage-paul-alexis#1 Wed, 06 May 2020 17:05:05 7200 Avec Le Collage, recueil de nouvelles publié en 1882, jamais réédité depuis, on est au cœur du naturalisme, dont on retrouve les thèmes premiers : le célibat ou la vie en ménage, l’adultère, la prostituée, la fatalité, l’échec… Ce sont autant d’ébauches saisies sur le vif, d’instantanés, qui en quelques mots et traits rendent des mœurs, un espace, une expression, un détail. Le style est précis, presque glacé. Il s’agit d’une scrutation, celle d’un expérimentateur, ironique parfois. C’est là tout l’art de Paul Alexis, un pathétique du banal — une dramaturgie du néant —, qui d’évidence rencontre l’ambition de Flaubert de faire « un livre qui n’aurait presque pas de sujet, ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. » ]]>