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Édition du 26 octobre

«Ruminations, proses d’un solitaire»
Maurice Rollinat
présentation d'Irène de Palacio(Broché)

 
«Ruminations, proses d’un solitaire» de Maurice Rollinat présentation d'Irène de Palacio.

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Connu pour Les Névroses (1883), recueil de vers frénétique, baudelairien, macabre, pour avoir hanté de sa présence réputée satanique le Quartier latin, pour avoir subjugué par ses «solennels andantes» les clubs et les cabarets littéraires, Hydropathes et Chat noir, Maurice Rollinat n’en est pas moins autre — poète en prose, écrivain retiré dans sa Creuse natale. Aussi, en ces Ruminations (1904), célèbre-t-il davantage la nature. Pour autant, il n’y a rien là de géorgique, car la mélancolie y est irrémédiable, sombre et grave l’inspiration, et le propos régulièrement léthifère ; car, sous la forme de fragments et de maximes, il se fait contempteur, à la manière des moralistes du Grand siècle, de la comédie humaine, dont il médite la solitude, la destinée, le bien, le mal, les misères… Pour autant, rien là non plus d’abstrait, car tout est incarné, voire quelque peu organique — l’âme n’y a pas abandonné son enveloppe de chair, l’amour n’y est pas mièvre, et quand il est question d’éternité, c’est pour mieux dialoguer avec la pourriture. Sous le raffinement de leurs périodes, ces Ruminations sont d’une très sûre perspicacité et composent sans doute, aussi, un redoutable viatique.

Ce qui fait l’artiste profond, mystérieux et tragique, c’est le fauve amour de la nature et la pratique sauvage de la solitude, traversés de temps à autre par les stridents appels du regret et les brusques coups de couteau de la nostalgie.

— Maurice Rollinat, Ruminations

Né à Châteauroux, Maurice Rollinat (1846-1903), fut poète et musicien. A Paris, il fréquenta la Bohème littéraire, Rodolphe Salis, Jean Richepin, Emile Goudeau… Il est l’auteur de poésies, Dans les brandes, L’Abîme…, et de proses, En errant, Ruminations

 

Également dans notre catalogue :

« Le Peuple du Pôle »
de Charles Derennes

Né à Villeneuve-sur-Lot, dans une famille d’enseignants, Charles Derennes (1882-1930) passe en Sorbonne une licence de lettres. À Paris, il fréquente les salons littéraires et collabore à divers journaux. Il publie plusieurs recueils de vers, des romans et, notamment, une trilogie sur la vie des animaux, Le Bestiaire sentimental. Bien qu’amateur de fantastique et auteur d’un article sur H.G. Wells (Wells et le peuple Marsien), Le Peuple du Pôle n’en reste pas moins à part dans sa production.